Qu'est-ce que SiGe (silicium-germanium) ?
Alliage de silicium et de germanium. De paramètre de maille plus grand que le silicium, il sert en épitaxie à contraindre le canal, comme base des HBT ou comme couche sacrificielle des GAA.
Nom japonais: SiGe(シリコンゲルマニウム)
« SiGe (silicium-germanium) » apparaît dans 26 questions d'entraînement réparties sur 9 thèmes, dont Croissance épitaxiale, Transistors avancés (FinFET et GAA), Transistors bipolaires.
Domaine: Croissance épitaxiale
Propriétés du matériau SiGe
Le silicium et le germanium sont tous deux des éléments du groupe IV à structure diamant et se mélangent en toutes proportions : le SiGe est donc un alliage continu et non un composé. L'ajout de germanium fait croître le paramètre de maille d'environ 0,543 nm pour le silicium vers 0,566 nm pour le germanium, soit environ 4 % de plus, et abaisse la largeur de bande interdite de 1,12 eV vers 0,66 eV. Le SiGe présente aussi une mobilité des trous supérieure à celle du silicium. Il est élaboré par dépôt chimique en phase vapeur à partir de germane (GeH4) avec du silane ou du dichlorosilane ; le rapport des débits gazeux fixe la teneur en germanium, que la diffraction des rayons X haute résolution permet ensuite de mesurer, ainsi que la contrainte.
Ingénierie de contrainte en CMOS
Le SiGe épitaxié sur silicium est en compression, car son réseau plus grand est comprimé pour s'accorder au substrat ; cette contrainte ne reste cohérente que jusqu'à une épaisseur critique, de l'ordre de quelques dizaines de nanomètres pour 20 % de germanium. L'épitaxie sélective incorpore du SiGe dopé au bore dans les zones de source et de drain des pMOS, ce qui comprime le canal et augmente la mobilité des trous ; les procédés avancés utilisent aussi le SiGe comme canal pMOS lui-même. L'astuce inverse sert aux nMOS : une fine couche de silicium épitaxiée sur du SiGe relaxé, obtenu grâce à une couche tampon graduelle de plusieurs micromètres, est mise en tension, ce qui augmente la mobilité des électrons.
Transistors bipolaires à hétérojonction SiGe
Dans un transistor bipolaire à hétérojonction (HBT) SiGe, la base est une couche épitaxiale de SiGe de quelques dizaines de nanomètres, dopée au bore pendant la croissance. Sa bande interdite plus étroite empêche les trous de refluer vers l'émetteur : la base peut donc être mince et fortement dopée sans perte d'efficacité d'injection. Une gradation du germanium, de près de 0 % côté émetteur à 20 à 30 % côté collecteur, crée un champ électrique intrinsèque qui accélère la traversée des électrons. Un peu de carbone limite la diffusion du bore. Avec des fréquences de transition de plusieurs centaines de gigahertz, le BiCMOS SiGe convient aux étages frontaux RF, aux liaisons optiques et aux radars automobiles.
Questions fréquentes
Pourquoi utilise-t-on le SiGe dans les transistors pMOS ?
Le SiGe a un paramètre de maille plus grand que le silicium : incorporé dans la source et le drain, il comprime le canal en silicium, et la contrainte de compression augmente la mobilité des trous. Le SiGe possède aussi une mobilité intrinsèque des trous plus élevée ; il est donc également utilisé comme matériau de canal pMOS.
Qu'est-ce qu'un HBT SiGe ?
C'est un transistor bipolaire dont la base est en SiGe ; sa bande interdite plus étroite que celle de l'émetteur en silicium forme une hétérojonction. Cela permet une base mince et fortement dopée et, avec un germanium graduel, un champ accélérateur intrinsèque, d'où des fréquences de transition de plusieurs centaines de gigahertz.
Le SiGe est-il un semi-conducteur composé ?
Non : c'est un alliage de deux éléments du groupe IV qui se mélangent en toutes proportions, et non un composé d'éléments de groupes différents comme le GaAs. Ses propriétés varient continûment avec la teneur en germanium, et il se traite avec des équipements compatibles silicium.