Qu'est-ce que Latch-up ?
Phénomène où une structure de thyristor parasite d'un circuit CMOS se déclenche, faisant circuler un fort courant permanent entre l'alimentation et la masse. On l'évite par la disposition des contacts de caisson, des anneaux de garde, etc.
Nom japonais: ラッチアップ
« Latch-up » apparaît dans 10 questions d'entraînement réparties sur 7 thèmes, dont Fiabilité, Transistors avancés (FinFET et GAA), Croissance épitaxiale.
Domaine: Fiabilité
Le thyristor parasite au cœur du CMOS
Un inverseur CMOS sur substrat massif place un pMOS dans un caisson n sur un substrat de type p, à côté d'un nMOS. La source p+ du pMOS, le caisson n et le substrat p forment un transistor PNP vertical, tandis que la source n+ du nMOS, le substrat p et le caisson n forment un transistor NPN latéral. Le collecteur de chacun commande la base de l'autre, ce qui constitue un thyristor PNPN entre l'alimentation et la masse. Normalement, il reste bloqué, car les contacts de caisson et de substrat maintiennent les deux bases aux potentiels des rails ; mais la résistance du caisson et du substrat entre ces contacts et les transistors laisse place à une chute de tension locale.
Déclenchement et entretien du latch-up
Si un courant est injecté dans le caisson ou le substrat, par exemple lorsqu'une broche d'entrée est portée au-dessus de l'alimentation ou en dessous de la masse, par une décharge électrostatique, par l'impact d'une particule ionisante ou par une mauvaise séquence de mise sous tension, la chute de tension dans la résistance du caisson ou du substrat peut polariser en direct l'une des jonctions base-émetteur parasites. Le courant de collecteur de ce transistor rend alors l'autre passant et, si le gain de boucle dépasse un, la paire s'auto-entretient. Un chemin de faible résistance entre alimentation et masse reste alors établi même après la disparition de l'élément déclencheur, et persiste jusqu'à la coupure de l'alimentation, provoquant souvent une surchauffe qui détruit des lignes métalliques ou des jonctions.
Contre-mesures de dessin et de procédé
La plupart des protections réduisent les résistances de caisson et de substrat ou les gains parasites. Côté dessin, on multiplie les contacts de caisson et de substrat, d'où la présence de cellules de prise (tap cells) dans les bibliothèques de cellules standard, et l'on entoure les transistors d'E/S d'anneaux de garde qui collectent les porteurs injectés avant qu'ils n'atteignent le cœur. Augmenter l'espacement entre nMOS et pMOS aide aussi. Côté procédé, les caissons rétrogrades, fortement dopés en profondeur, et les plaquettes épitaxiées p/p+ à substrat peu résistif dérivent le courant parasite. Le silicium sur isolant (SOI) supprime complètement le chemin par le substrat : les circuits SOI sont donc pratiquement immunisés.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qui provoque le latch-up en CMOS ?
Un thyristor PNPN parasite formé par les caissons et le substrat devient passant lorsqu'un courant injecté, par exemple dû à une surtension en entrée ou à une ESD, polarise en direct l'une de ses jonctions. Les deux transistors bipolaires parasites s'entretiennent alors mutuellement et maintiennent un fort courant entre l'alimentation et la masse.
Comment sortir d'un latch-up ?
L'état verrouillé persiste jusqu'à ce que la tension d'alimentation soit coupée ou suffisamment réduite pour interrompre le courant : il faut donc couper puis rétablir l'alimentation. Si le courant a déjà fait surchauffer le métal ou les jonctions, les dommages sont permanents.
Pourquoi le SOI empêche-t-il le latch-up ?
En silicium sur isolant, chaque transistor se trouve dans une fine couche de silicium sur un oxyde enterré : il n'existe donc pas de chemin continu par le caisson et le substrat pour former le thyristor parasite. Sans ce chemin, la boucle régénérative ne peut pas exister.