Pare-feu vs IDS vs IPS vs WAF : ce qu’ils inspectent, bloquent ou signalent
Tous quatre défendent contre les attaques qui transitent par le réseau, mais ils diffèrent par ce qu’ils inspectent et ce qu’ils font lorsqu’ils trouvent quelque chose. Un pare-feu ne laisse passer que le trafic autorisé par ses règles, selon les adresses IP, les numéros de port et des champs similaires. Un IDS (système de détection d’intrusion) inspecte le trafic jusqu’à son contenu, repère ce qui ressemble à une attaque et alerte les administrateurs, mais n’arrête pas le trafic. Un IPS (système de prévention d’intrusion) se place sur le chemin du trafic et bloque immédiatement les attaques qu’il détecte. Un WAF (pare-feu applicatif web) inspecte le contenu des requêtes HTTP et bloque les attaques contre les applications web, comme l’injection SQL. Aucun ne couvre tout à lui seul : on les utilise donc ensemble.
| Critère | Pare-feu | IDS | IPS | WAF |
|---|---|---|---|---|
| Ce qu’il inspecte principalement | Adresses IP source et destination, numéros de port et état des connexions (couches réseau et transport) ; certains produits identifient aussi les applications | Des en-têtes des paquets jusqu’à leur contenu (de la couche réseau à la couche application) | Comme un IDS, des en-têtes des paquets jusqu’à leur contenu | Le contenu des requêtes et réponses HTTP et HTTPS (couche application) |
| Placement par rapport au chemin du trafic | Sur le chemin (en ligne) | En général hors du chemin, recevant une copie du trafic depuis un port miroir de commutateur ou équivalent | Sur le chemin (en ligne) | Sur le chemin, devant le serveur web, sous forme de proxy inverse ou de service cloud |
| Action en cas de détection | Bloque le trafic que ses règles n’autorisent pas | Émet une alerte et la journalise ; le trafic lui-même n’est pas arrêté | Bloque le trafic ou coupe la connexion | Bloque les requêtes jugées malveillantes ; un mode qui se contente de détecter et de journaliser est aussi courant |
| Méthode de détection | Règles d’autorisation et de refus (adresses, ports, état des connexions) | Comparaison avec des motifs d’attaque connus (signatures) et détection d’anomalies qui cherche les écarts par rapport au trafic normal | Comme un IDS, signatures et détection d’anomalies | Règles portant sur des motifs d’attaque comme l’injection SQL et le cross-site scripting, et règles définissant les entrées autorisées |
| Ce qu’il protège principalement | Les points d’entrée et de sortie du réseau, en bloquant le trafic non autorisé | La surveillance des réseaux et des serveurs, pour repérer les signes d’attaque ou d’intrusion | Les serveurs et terminaux du réseau, contre les attaques connues | Les applications web, contre les attaques qui exploitent leurs vulnérabilités |
| Impact des faux positifs | Une erreur de règle bloque du trafic légitime | De nombreuses fausses alertes noient les vraies et surchargent les opérateurs, mais le trafic métier n’est pas arrêté | Un faux positif bloque directement du trafic légitime : un réglage soigneux est donc nécessaire | Des entrées légitimes, comme un texte contenant des symboles, jugées malveillantes font échouer les opérations des utilisateurs |
| Exemple d’emplacement | À la frontière entre le réseau interne et Internet, entre segments réseau, et sur chaque serveur ou terminal | Sur le segment réseau à surveiller (sur le réseau) ou sur un serveur (sur l’hôte) | À la frontière avec Internet, par exemple juste derrière le pare-feu | Devant un serveur web public |
| Limites | Ne peut pas arrêter les attaques qui passent par des ports autorisés, comme celles qui exploitent les failles des applications web ; n’a aucune fonction de chiffrement du trafic | Ne fait que détecter et ne peut rien arrêter ; ne peut pas inspecter le trafic chiffré par TLS, sauf s’il est placé là où ce trafic peut être déchiffré | Les attaques inconnues sans signature dépendent de la détection d’anomalies et passent facilement inaperçues ; ne voit pas le contenu chiffré ; sa capacité peut devenir un goulot d’étranglement | Ne protège pas le trafic autre que web ; ne corrige pas les vulnérabilités de l’application elle-même |
Les valeurs indiquées sont des ordres de grandeur typiques et varient selon la génération de procédé et le produit.